euronews : Les pays qui appartiennent à l’Alba, l’Alliance bolivarienne pour les Amériques, ces pays ont établi d’excellentes relations avec l’Iran. L’Iran n’est pas l’un des meilleurs amis des Etats-Unis. Ne pensez-vous que ces pays perturbent les relations internationales en Amérique du sud?
Rafael Correa : C’est étonnant, la Colombie accueille une ambassade iranienne depuis longtemps. Et quand l’Equateur établit des relations diplomatiques avec l’Iran, on a l’impression qu’on perturbe la donne. Je ne comprends pas. L’Equateur n’a besoin d’aucune autorisation pour établir des relations diplomatiques avec qui il souhaite, nous sommes un Etat souverain. Il n’est pas de notre intérêt de briser l‘équilibre du pouvoir dans la région. Nous voulons seulement ce qu’il y a de mieux pour notre peuple. L’Iran par exemple, peut représenter un énorme marché pour nos produits, ou une source importante d’aide technologique et financière. Et cette double morale m’embête, car l’Iran est, d’abord, une démocratie. Les Etats-Unis n’ont pas demandé à l’Amérique latine son autorisation pour établir des relations diplomatiques avec l’Arabie saoudite, qui n’a jamais été une démocratie. Mais rien ne se passe.
euronews : Mais l’Iran est une menace pour la stabilité du monde puisqu’on le soupçonne de développer l’arme nucléaire. Sur la question nucléaire, quelle est la position des pays de l’Alba, et celle de votre pays?
Rafael Correa : Bien, selon ces critères, vos pays et les Etats-Unis sont-ils une menace? Je ne vois pas pourquoi ce qui est bien pour les uns est mauvais pour les autres. Si vous voulez savoir mon opinion, je voudrais une planète sans arme nucléaire, et avec une seule norme, pas cette sorte de double langage…